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Mon, Jun 08 | https://www.instagram.com/loeveandco/

Beat ReGeneration

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Heure et lieu

Jun 08, 2020, 10:00 AM
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À propos de l'événement

Semaine 9: Beat ReGeneration

Organiser des expositions à Saint-Germain des Prés, c’est se frotter à chaque instant à l’histoire. Déjà, notre exposition inaugurale, en janvier-février 2019, rendait hommage à deux très grandes galeristes du quartier, actives dans les années 1960, Iris Clert et Jeannine de Goldschmidt, compagne du critique Pierre Restany. 

Saint-Germain des Prés demeure ce quartier unique où une foule cosmopolite de d’artistes, écrivains, musiciens ont convergé, cohabité tout au long des décennies passées. De cette foule, les membres de la Beat Generation émergent. Si William Burroughs, Allen Ginsberg et Jack Kerouac se sont rencontrés à New York au début des années 1940, ce groupe est par essence nomade: San Francisco ou Tanger en ont abrité des épisodes considérables, mais Paris, naturellement, en est l’autre foyer essentiel.

Entre 1957 et 1963, Burroughs, Gregory Corso, Ginsberg, Brion Gysin, Peter Orlovsky… ont en effet logé régulièrement au Beat Hôtel, 9 rue Gît-le-Cœur. Dans la chambre 25, en particulier, sont nés ou ont été développés des procédés ou œuvres emblématiques de la Beat Generation, dont le cut-up (un texte est découpé en fragments réarrangés pour produire un texte nouveau), et le Festin Nu, en passant par la légendaire Dreamachine (ce cylindre rotatif lumineux qui agit sur le cerveau).

Pour une fois, ce sont ses membres eux-mêmes qui ont choisi de s’accoler l’épithète beat, dans un sens incertain, ou double: il peut signifier battu, vaincu ou battement, rythme (par allusion au jazz), ou encore exprimer la «béatitude». Ces significations, galvaudées naturellement, se retrouveront dans la désignation des beatniks: cette génération est définitivement vaincue, mais aussi celle du tempo. L’imaginaire de ce groupe de révoltés est fondamentalement américain; il se rattache à une tradition libertaire et individualiste qui prend racine dans la désobéissance civile et l’antimatérialisme théorisés par Thoreau. L'Europe joue également un rôle majeur dans la genèse de ce mouvement, et notablement la France, associée aux poètes vénérés, Rimbaud, Michaux, Artaud….

Organisée en janvier-février 2020, l’exposition Beat ReGeneration poursuivait l’ambition de parcourir cette histoire dans toute son ampleur spatio-temporelle, à travers ses piliers new-yorkais historiques, bien sûr, mais aussi ses excroissances californienne, marocaine et française, ainsi qu’à travers les époques, car, plus qu’un mouvement à proprement parler, la Beat Generation est une position, un statement, un état mental, un art d’attitude qui a par exemple inspiré toute une scène artistique américaine des années 1970 et 1980, de Kurt Cobain, Bob Dylan, Patti Smith ou Tom Waits à Jean-Michel Basquiat et Keith Haring… 

«Les seuls qui m’intéressent sont les fous furieux, les furieux de la vie, les furieux du verbe […] ceux qui flambent, qui flambent, qui flambent, jalonnant la nuit comme des cierges d’église» : le crédo de Jack Kerouac a profondément inspiré, au-delà de sa propre génération, tous les tenants de la contreculture, comme l’a montré la grande exposition consacrée au groupe par le Centre Pompidou en 2016. Seule avant-garde du vingtième siècle composée uniquement d’écrivains, elle a paradoxalement eu une influence considérable sur tous les autres arts, à commencer par la musique et, naturellement, la peinture et le dessin, où des personnalités comme William Burroughs ou Brion Gysin ont été des expérimentateurs décisifs. 

L’empreinte de la Beat Generation en France est profonde; les liens féconds qui ont uni ses ténors à des artistes et écrivains aussi divers qu’Henri Chopin, Paul-Armand Gette, Bernard Heidsieck, Arnaud Labelle-Rojoux, Jean-Jacques Lebel ou Claude Pélieu en témoignent. «Une histoire de mecs», commenta, laconique comme à son habitude, Jean-Michel Alberola sur un dessin placé à l’entrée de l’exposition. 

Grand peintre, subtil dessinateur, lecteur clairvoyant, Jean-Michel Alberola s’est en effet imposé naturellement pour être notre complice dans cette exploration des méandres Beat. Si ses références à Kafka ou Walter Benjamin sont fondatrices, son amour profond du rock’n’roll, du cinéma et de la littérature américaines, mais aussi des avant-gardes en général, et de la contreculture en particulier, en faisaient un interlocuteur tout désigné. Et le dialogue a été passionnant! Autour de sa peinture murale Éclairage en groupe, réalisée spécialement, un ensemble de dessins inédits égrainait toutes les figures principales de la Beat Generation, à travers des rapprochements saisissants et des citations au cordeau. Mais sa première exposition «officielle», déjà, réalisée à la fin des années 1970 à sa sortie d’un sanatorium où il n’avait survécu qu’en retapant sur une machine Underwood les fragments de textes auxquels il se raccrochait, n’était-elle pas dédiée à la figure tutélaire de William Burroughs? 

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