Expositions

Mon, Aug 10 | www.loeveandco.com

Beatrice Wood

Loeve&Co-llect: Dix-huitième semaine. Chaque jour à 10 heures, du lundi au vendredi, une œuvre à collectionner à prix privilégié, disponible uniquement pendant 24 heures. Collectionner n'a jamais été aussi enrichissant...
Les inscriptions sont closes

Heure et lieu

Aug 10, 2020, 9:59 AM
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À propos de l'événement

Semaine 18 : Beatrice Wood

Comme le résume abruptement l’artiste Arlene Shechet, On la connaît plus comme la maîtresse de Marcel Duchamp que pour son propre travail artistique. Il faut que cela change.

En effet, disparue à l’âge de cent-cinq ans, celle que l’on surnommait affectueusement Mama of Dada possédait une biographie peu commune; elle avait réellement vécu la vie en rose...

Ou plutôt, en Rrose, puisqu’elle doit en effet à son amitié amoureuse avec Marcel Duchamp à compter de 1917 (lequel, on le sait, d’un naturel partageur, s’accommodait fort bien d’une relation triangulaire avec son ami Henri-Pierre Roché) son irruption sur la scène artistique, comme cofondatrice et illustratrice (encouragée par Duchamp à dessiner) de la mythique revue The Blind Man, déterminant vecteur d’introduction de la pensée Dada aux États- Unis. Mais, quatre-vingts ans plus tard, c’est en Rose DeWitt Bukater qu’elle ressurgit, dans le film Titanic, sous les traits de Kate Winslet. Alors en pleine écriture de son scénario, le réalisateur James Cameron dévore I Shock Myself, l’autobiographie sans fard de Beatrice Wood, et n’en revient vraiment pas: Quand j’ai commencé à lire, je me suis rendu compte que le premier chapitre était une description presque littérale du personnage que j’étais en train d’imaginer, Rose âgée... Quand j’ai fait la connaissance de Beatrice, je l’ai trouvée si charmante, créative et dotée d’un humour ravageur... Bien sûr, la Rose du film n’est que son reflet, auquel j’ai ajouté de nombreux éléments fictionnels...

Commencer avec un urinoir, et finir sur le Titanic; c’est aussi une histoire d’eau! D’ailleurs, Wood expose en même temps que Duchamp à la Society of Independent Artists de New York en 1917. À côté de Fountain, son œuvre, Un peut d’eau dans du savon (sic) fait scandale et mobilise la presse; c’est une peinture, figurant une femme dans son bain, un vrai morceau de savon masquant son sexe. Ce coup d’essai est un coup de maître, qui déterminera tout l’art à venir de Beatrice Wood, longtemps considéré comme mineur parce qu’il s’est largement déployé dans un domaine, la céramique, dont l’importance a été considérablement minorée. Pourtant, l’inspiration woodienne, à la croisée de l’irrévérence Dada, du féminisme et du folklore, est un cocktail créatif explosif qui en fait une véritable pionnière de l’art contemporain, réfutant notamment le piège du faux professionnalisme pompier pour lui préférer le souffle libertaire de la créativité pure: Maintenant, en poterie, je réalise des figures humaines, a-t-elle dit un jour. Et beaucoup de gens pensent qu’elles sont parfaitement horribles. Peut-être le sont-elles. Je n’en ai aucune idée. Mais je garde volontairement telles quelles, absolument non académiques.

Le dessin a toujours occupé une place centrale dans la pratique de Beatrice Wood, depuis le tout premier, réalisé en 1916, après sa rencontre Marcel Duchamp, à qui elle déclare que le premier venu peut faire de l’art moderne. Aussitôt dit, elle réalise un dessin intitulé Marriage of a friend. Convaincu, Duchamp le fait paraître dans un numéro de la revue d’avant-garde Rogue, dirigée par les époux Norton , qui devaient divorcer immédiatement après, Louise épousant alors Edgard Varèse. Duchamp va plus loin, et lui confie la clé de son atelier, afin qu’elle dispose d’un lieu pour dessiner et peindre. Le plus souvent signées de son pseudonyme hérité de l’enfance, Beato, ses œuvres faussement ingénues explorent sans complaisance, mais avec humour et naturel, les thèmes qui ont marqué sa vie: la féminité, le triangle amoureux, l’érotisme, la liberté totale de penser et d’agir.

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