Expositions

dim. 24 mai | https://www.instagram.com/loeveandco/

Continuons notre voyage dans le temps... (1)

Loeve&Co-llect: Troisième semaine, troisième thème. Et toujours, chaque jour à 10 heures, du lundi au vendredi, une œuvre issue de notre stock, à collectionner à prix privilégié, disponible uniquement pendant 24 heures. Vous faites une affaire, et nous pérennisons notre affaire !
Les inscriptions sont closes
Continuons notre voyage dans le temps... (1)

Heure et lieu

24 mai 2020 à 10:00
https://www.instagram.com/loeveandco/

À propos de l'événement

Semaine 3: À 40 degrés au-dessus de Dada 

Signé le 27 octobre 1960 dans l’atelier d’Yves Klein sous l’impulsion du critique Pierre Restany, le Manifeste du Nouveau Réalisme est l’un des plus courts de l’histoire de l’art; il célèbre laconiquement les «nouvelles approches perceptives du réel» qui caractérisent alors les recherches de ses signataires. Quelques mois plus tard, du 17 mai au 10 juin 1961, Pierre Restany organise l’exposition fondatrice «À 40° au-dessus de Dada» chez sa compagne Jeannine de Godschmidt, à la Galerie J, en plein Saint-Germain-des-Prés (galeriste d’exception, ancien bras droit du grand René Drouin, dont nous avons salué la mémoire en même temps que celle d’Iris Clert dans notre exposition inaugurale, «Chez Iris et Jeannine». Ouvrir une galerie rue des Beaux- Arts, en effet, c’est faire le choix de se placer dans une certaine histoire, largement écrite par de fortes figures féminines...). 

Sans Martial Raysse, mais incluant Mimmo Rotella, le groupe de «À 40° au-dessus de Dada» comprend également Arman, César, François Dufrêne, Raymond Hains, Yves Klein, Daniel Spoerri, Jean Tinguely et Jacques Villeglé. Accompagnant le carton d’invitation, un texte lyrique de Pierre Restany entreprend de préciser la définition de ce Nouveau Réalisme qui entend marquer une rupture complète avec l’abstraction triomphante de la seconde école de Paris, qualifiée de «flot bourbeux des recettes et des styles, de l’informel du nuagisme». Restany congédie purement et simplement la «peinture de chevalet» et la conception classique de la sculpture, pointant «un phénomène généralisé d’épuisement et de sclérose de tous les vocabulaires établis» dans lesquels il dénonce l’abondance «de redites stylistiques et d’académismes rédhibitoires!». 

La charge est sévère, et l’ambition des Nouveaux Réalistes s’expose sans fard. Pierre Restany annonce, en ce tout début de la décennie 1960, «la passionnante aventure du réel perçu en soi et non à travers le prisme de la transcription conceptuelle ou imaginative». Les moyens mis en œuvre par les artistes participant à l’exposition mêlent «sociologie», «conscience» et «hasard», et détonnent volontairement dans un paysage artistique parisien encore très traditionnel, allant «de la ferraille compressée, du choix ou la lacération de l’affiche, de l’allure d’un objet, d’une ordure de ménage ou d’un déchet de salon, du déchaînement de l’affectivité mécanique, de la diffusion de la sensibilité chromatique au-delà des limites logiques de sa perception». 

Fidèle à sa plume enlevée et superlative, Pierre Restany proclame, définitif: «Les nouveaux réalistes considèrent le Monde comme un Tableau, le Grand Œuvre fondamental dont ils s’approprient des fragments dotés d’universelle signifiance». Décidément, à 40° degrés au- dessus de Dada, l’art a de la fièvre, mais une fièvre bienfaisante et salutaire: les Nouveaux Réalistes sont prêts à rendre l’École de Paris buissonnière... 

Suivez ce projet en temps réel sur Instagram et Twitter!

Pour toutes questions ou pour acheter l'oeuvre, merci d'envoyer un email à collect@loeveandco.com

Les inscriptions sont closes