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Mon, Jun 01 | https://www.instagram.com/loeveandco/

Les enfants du Bauhaus

Loeve&Co-llect: Huitième semaine, huitième thème. Et toujours, chaque jour à 10 heures, du lundi au vendredi, une œuvre à collectionner à prix privilégié, disponible uniquement pendant 24 heures. Vous faites une affaire, et nous pérennisons notre affaire !
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Heure et lieu

Jun 01, 2020, 10:00 AM
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À propos de l'événement

Semaine 8: Les enfants du Bauhaus

École d'architecture et d'arts appliqués fondée en 1919 à Weimar en Allemagne, le Bauhaus a profondément irrigué tout l’art du vingtième siècle. Au-delà de son influence directe, le Bauhaus a même contribué à redéfinir en profondeur les relations entre les arts visuels, et entre les arts visuels et les autres disciplines de la création: architecture, design, photographie, vêtements, danse, théâtre... 

En 1933, le Bauhaus (installé à Dessau puis Berlin) est fermé par les nazis, qui la considèrent comme une école diffusant un «art dégénéré». Autour de ses trois directeurs successifs, Walter Gropius, Hannes Meyer et Ludwig Mies van der Rohe, le Bauhaus aura réussi, le temps d’une décennie, à fédérer des artistes et professeurs de premier plan comme Johannes Itten, Wassily Kandinsky, Paul Klee, Oskar Schlemmer, László Moholy-Nagy, Josef et Anni Albers, ou encore Marcel Breuer.

Recherchant une symbiose nouvelle entre l’esthétique et la technique susceptible d’adapter la création artistique au monde industriel moderne, le Bauhaus a naturellement systématisé l’utilisation des formes géométriques et l’application scientifique des couleurs.

Après les années 1930, le rationalisme est revendiqué par les architectes fascistes et les ténors du Bauhaus poussés à l’exil aux Etats-Unis, où ils peuvent enfin expérimenter à large échelle leurs conceptions modernistes de l’architecture. En 1981, dans le réjouissant pamphlet From Bauhaus to Our House (traduit en français sous le titre Il court, il court, le Bauhaus, le gonzo journaliste et romancier Tom Wolfe tourne en dérision ce court-circuit historique qui a conduit, prétend-t-il, les riches américains à vivre dans des logements imaginés pour des prolétaires allemands: «Après la première guerre, divers sérails –le Bauhaus, Wendigen, le Style, les constructivistes, les néoplasticiens, les élémentaristes, les futuristes—se trouvèrent en concurrence. Il s’agissait d’établir qui possédait la vision la plus pure. Et qu’est ce qui définissait la pureté? Bien entendu, le partage entre ce qui était bourgeois (sordide) et ce qui était non bourgeois (pur). La course à qui serait le moins bourgeois prit des allures un peu loufoques» s’amuse-t-il, qualifiant l’architecture moderne de «verre d’eau glacée lancé à la figure, (de) gifle tonique, (de) réprimande cinglant la graisse de leur âme bourgeoise».

Si l’évolution de certains théoriciens du Bauhaus a pu paraître un peu trop «sérieuse» voire «pontifiante» (et pas seulement à Tom Wolfe), il n’en demeure pas moins exact qu’un Josef Albers, par exemple, aura une influence déterminante, via le Black Mountain College, sur Robert Rauschenberg ou John Cage, et ainsi sur Fluxus, le Pop Art, les Happenings, etc. Excusez du peu!

C’est qu’il convient toujours, ainsi que le rappelle le grand critique Pierre Restany à propos de Bruno Munari, de concilier l’esprit de géométrie et l’esprit de finesse. C’est précisément cette jonction que nous avons voulu explorer avec cette semaine consacrée aux «Enfants du Bauhaus», à commencer par celui qui en fut vraiment un, le secret Jean Leppien, né en 1910, qui intégra l’école de Dessau en 1929, pour y recevoir notamment l’enseignement de Josef Albers, Paul Klee et Wassily Kandinsky! Sa pratique infiniment élégante de l’abstraction fait ici écho à la série séminale des «Negativi-positivi» de Bruno Munari qui, sous l’impulsion de Max Bill (autre élève de Dessau), entreprit dans les années 1950 de renouveler en profondeur la dimension optique de la peinture géométrique, ouvrant la voie à l’Op Art des années 1960, dont le vénézuélien Jesús-Rafael Soto est un protagoniste majeur. En intégrant le spectateur dans l’œuvre, en l’immergeant ou en en faisant le complice, mais aussi en ayant recours au hasard, à l’humour, aux jeux de langage, François Morellet, plus encore peut-être que ses collègues du G.R.A.V. (groupe de recherche d'art visuel) a débarrassé l’abstraction géométrique de son excès d’esprit de sérieux (de «pureté», dirait Tom Wolfe) pour la faire entrer de plain-pied dans l’art contemporain, ouvrant la voie à l’Art Minimal ou au néoconcrétisme d’un Oiticica, puis à B.M.P.T. (Buren, Mosset, Parmentier, Toroni), au groupe gravitant autour de John Armleder et d’Ecart à Genève, et jusqu’aux boutures les plus actuelles, comme Francis Baudevin, Stéphane Dafflon ou Philippe Decrauzat, parfois qualifiés de «contorsionnistes». 

Comme tous les enfants, ceux du Bauhaus sont turbulents, charmeurs et imprévisibles. Sinon ce ne seraient pas des enfants. Et, au fond, c’est pour ça qu’on les aime! 

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