Expositions

lun. 21 juin | https://www.loveandcollect.com

Love&Collect: Cercles et carrés

Love&Collect: Soixante-et-troisième semaine. Chaque jour à 10 heures, du lundi au vendredi, une œuvre à collectionner à prix privilégié, disponible uniquement pendant 24 heures. Collectionner n'a jamais été aussi enrichissant...
Les inscriptions sont closes
Love&Collect: Cercles et carrés

Heure et lieu

21 juin à 10:00 – 26 juin à 09:59
https://www.loveandcollect.com

À propos de l'événement

Semaine 63: Cercles et carrés

Pour les amateurs d’histoire de l’art, la réunion des deux figures géométriques Cercle et Carré évoque le groupe éponyme, fondé en 1929 à Paris. Si cette association d'artistes, initiée par le peintre uruguayen Joaquin Torres Garcia, rapidement rejoint par le dessinateur, poète et critique d'art Michel Seuphor, ne fut active qu'une petite année, elle n’en eut pas moins une influence déterminante sur le cours de l’histoire qui, alors dominée par la furie surréaliste, était prise d’un sursaut abstrait, le moins que l’on pouvait attendre dans une ville où Piet Mondrian avait trouvé refuge en 1912, attiré par ces pionniers de la peinture abstraite qu’étaient Kupka, Fernand Léger, Picabia, Robert et Sonia Delaunay…

Retrouvez les œuvres de la semaine tous les jours du lundi au vendredi, à 10h en cliquant sur ce lien.

Cercle et Carré entendait alors encourager le développement de l'art abstrait, en particulier dans sa tendance mystique, tout en s’appuyant sur les découvertes scientifiques les plus actuelles. Ainsi Seuphor écrit-il, dans le premier numéro de la revue du groupe, paru en 1930: Ce qui en d’autres grandes époques de l’art était une aide presque magique dont on voyait les bienfaits dans l’œuvre, mais qu’on n’avait pas pu saisir encore dans son entité propre, se trouve maintenant à la portée de notre main. Nous nous familiarisons avec le vrai ; nous le pénétrons. Les alchimies, les sciences obscures, font place à la conscience ouverte. L’abstraction du monde réel, son secret mathématique et architectonique devient la nourriture substantielle de notre monde cérébral. Oui. Le liquide clair n’est plus au fond des caves secrètes: il brille dans nos verres et nous convie.

Si l’histoire de la peinture abstraite semble scellée en une voire deux décennies, qui aura vu des artistes aussi considérables que Mondrian, Malévitch, Kupka ou Herbin en explorer toutes les possibilités plastiques, plusieurs générations suivront, apportant leur propre pierre à cet édifice bâti par des précurseurs qui croyaient en la suprématie de l’architecture dans l’art. Aussi cette semaine rassemble-t-elle les œuvres de trois générations de créateurs: les pionniers (Auguste Herbin et František Kupka), nés dans les années 1870-1880, leurs disciples (représentés par Bruno Munari, contemporain du suisse Max Bill, qui ont tiré toutes les leçons des inventions de leurs prédécesseurs), et les post-modernes, enfant des minimalistes et des artistes conceptuels comme Alan Charlton ou néo-géo comme Armleder, qui ont réactivé les utopies modernes en les confrontant aux apports de la vie urbaine capitaliste ou du ready-made duchampien.

Mais, rapprocher cercleet carré dans une même expression renvoie également la quadrature du cercle, cette énigme mathématique classique qui constitue l’un des trois grands problèmes légués par l'Antiquité, avec la trisection de l'angle et la duplication du cube. Le défi est de construire un carré de même aire qu'un disque donné à l'aide d'une règle et d'un compas: par-delà la question purement mathématique, qui exige de combiner les apports de la géométrie et de l’algèbre, la relation d’équivalence entre le cercle et le carré se déplace sur le terrain esthétique, tant les relations entre ces deux figures élémentaires habitent tout l’art géométrique abstrait, dont la synthèse entre la pureté harmonique des formes et l’opposition des lignes droites et courbes devient un enjeu totémique. Cet enjeu est résumé par la fascination qu’exerce la courbe de Peano sur Bruno Munari; pionnier de l’approche formaliste des mathématiques, Giuseppe Peano a en effet imaginé une courbe dite remplissante, dont l'image contient le carré unité entier.

Si ce problème fascine les artistes, c’est qu’il est à l’image de l’énigme de l’art elle-même, impossible à résoudre. On en retrouve la trace dans l'expression usuelle chercher la quadrature du cercle, qui signifie tenter l’impossible. En effet, ce problème mathématique demeure celui qui a résisté le plus longtemps aux mathématiciens, qui ont mis plus de trois millénaires à en faire le tour, et à le reconnaître comme insoluble, par Ferdinand von Lindemann en 1882.

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