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Mon, Feb 22 | https://www.instagram.com/loveandcollect/

Love&Collect: Don't Forget Marcel Duchamp

Love&Collect: Quarante-sixième semaine. Chaque jour à 10 heures, du lundi au vendredi, une œuvre à collectionner à prix privilégié, disponible uniquement pendant 24 heures. Collectionner n'a jamais été aussi enrichissant...
Les inscriptions sont closes

Heure et lieu

Feb 22, 9:59 AM
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À propos de l'événement

Semaine 46: Don't Forget Marcel Duchamp

Alors qu’il était entré en relation épistolaire avec lui à la fin des années 1950, Marcel Duchamp invite l’artiste anglais Richard Hamilton à lui rendre visite à Cadaqués à l’été 1963. Devenu américain en 1955, à la suite de son mariage avec Teeny, Duchamp en effet ne vient plus guère en Europe, si ce n’est dans ce village de pêcheurs catalans, que Salvador Dalí lui a fait connaître, et où il a passé de merveilleux moments en 1933 avec Mary Reynolds. Dans ce cadre idyllique, au bout du monde (entouré de deux parcs naturels déserts et rocailleux, le village n’est alors accessible que par une unique route qui y aboutit en cul-de-sac, après une bonne demi-heure de trajet, fort inconfortable avec ses multiples virages en lacets et le revêtement de terre tassée), Marcel Duchamp aime à ne rien faire, tandis que Teeny profite de longs bains méditerranéens... Le sommet de l’activité duchampienne semble atteint lorsque, attablé au bar Meliton, il dispute avec Man Ray ou un partenaire occasionnel une interminable partie d’échecs...

Enfin, si Duchamp revendique son inactivité, il se livre pourtant à de menus bricolages, qui accèderont, à la faveur de son ambigüité et de la ferveur de ses thuriféraires, à un quasi-statut d’œuvres d’art, à l’image du store en bois qu’il confectionne pour sa terrasse, ou de la fameuse cheminée anaglyphe (finalement retrouvée in extremis grâce aux indications d’Hamilton, non dans l’appartement mythique occupé par la pythie Dada sur la plage de Portdoguer, mais dans celui, presqu’inconnu, où il s’était réfugié à la fin, ne pouvant plus gravir les interminables escaliers qui lui garantissaient une vue de rêve). Naturellement, c’est à Cadaqués, encore, que Duchamp perfectionne quelques- unes de ses surprises ready made, à l’instar de la vieille porte qu’il fait démonter et envoie aux États-Unis, afin de servir d’écrin à son œuvre ultime, la très secrète Étant donnés...

N’oubliez pas que je suis un oisif (Don’t forget I am an idle person) déclare Duchamp à Calvin Tomkins en 1965... Avec lui cependant, la frontière entre travail et inactivité est décidément inframince. La suite de la déclaration, à ce sujet, est assez éclairante; y parlant de son fameux Grand Verre, l’artiste ajoute en effet: je n’avais pas l’intention de l’exposer ou de le vendre. J’y travaillais, c’est tout; c’était ma vie. Ce Don’t forget, cette injonction, décidément marque au fer certains des épisodes les plus marquants de la vie et de l’œuvre de Marcel Duchamp, jusqu’à ce film de 2017 consacré à la sculptrice brésilienne Maria Martins, avec qui il noua sa relation amoureuse la plus incandescente, la moins distante, qui s’intitule: Don’t Forget I Come from the Tropics.

Jusqu’en 1964, Marcel Duchamp entretient une relation assez décontractée avec sa production passée, en tout cas avec les ready made, qui ont quasiment tous disparu et dont ne subsistent que des photographies. À l’occasion d’une exposition ou l’autre, il ne rechigne pas à signer tel ou tel objet usuel qu’on lui soumet, fidèle à la vertu d’indifférence qu’il revendique souvent: Un autre aspect du ready-made est qu’il n’a rien d’unique... déclare-t-il, avant d’asséner: La réplique d’un ready- made transmet le même message. En parfait connaisseur de son œuvre et de ses ressorts, Richard Hamilton, qui finit par passer également toutes ses vacances à Cadaqués, lui rappelle ainsi que, dans le village même, il lui est arrivé d’accepter de signer un pied de chaise cassé... À son tour, l’artiste anglais lui réclame donc un exemplaire de sa signature, et lui tend à cet effet une page d’un de ses carnets de notes personnels, barrée en sa partie supérieure de la mention écarlate: Don’t forget. En 1979, à l’occasion de l’exposition hommage à Marcel Duchamp à la Galeria Cadaqués (fondée en 1973 par l’architecte Lanfranco Bombelli), Richard Hamilton édite une rarissime sérigraphie, facsimilé agrandi de cette page de carnet, qui sonne aussi comme un avertissement...

Pour cette semaine Don’t Forget Marcel Duchamp qui lui emprunte son titre, nous avons choisi, pour saluer l’artiste autant que le vacancier oisif, de convoquer à ses côtés certains de ses amis et de ses disciples, certaines des activités qu’il a exercées avec le plus de bonheur, certaines de ses œuvres les plus inoubliables...

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