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Mon, Aug 17 | www.loeveandco.com

Scottie Wilson

Loeve&Co-llect: Dix-neuvième semaine. Chaque jour à 10 heures, du lundi au vendredi, une œuvre à collectionner à prix privilégié, disponible uniquement pendant 24 heures. Collectionner n'a jamais été aussi enrichissant...
Les inscriptions sont closes

Heure et lieu

Aug 17, 2020, 9:59 AM
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À propos de l'événement

Semaine 19 : Scottie Wilson

Collectionné par Breton, Dubuffet, Picasso, Riopelle, représenté dès 1949 par la Galerie Gimpel Fils de Londres, intégré aux plus prestigieuses collections muséales, MoMA de New York, Tate à Londres, Centre Pompidou… Scottie Wilson (1888-1972) est sans doute le plus célèbre, le plus légitime et le plus attachant des représentants de l’Art Brut.

L’art ne vient pas coucher dans les lits qu’on a faits pour lui ; il se sauve aussitôt qu’on prononce son nom : ce qu’il aime c’est l’incognito. Ses meilleurs moments sont quand il oublie comment il s’appelle ; ce crédo de Jean Dubuffet, formulé dès 1945, le conduit à définir l’Art Brut en ces termes : Nous entendons par là des ouvrages exécutés par des personnes indemnes de culture artistique, dans lesquels donc le mimétisme, contrairement à ce qui se passe chez les intellectuels, ait peu ou pas de part, de sorte que leurs auteurs y tirent tout (sujets, choix des matériaux mis en œuvre, moyens de transposition, rythmes, façons d’écritures, etc.) de leur propre fonds et non pas des poncifs de l’art classique ou de l’art à la mode.

Dans l’immédiat après-guerre, Dubuffet passe aux travaux pratiques, en réunissant et exposant les représentants de l’Art Brut au centre de la vie artistique et intellectuelle parisienne, avec la complicité des amateurs et professionnels les plus visionnaires. À compter de 1947, le Foyer de l’Art Brut, au sous-sol de la galerie René Drouin, présente au public les œuvres les plus singulières, avant d’être transféré à l’automne 1948 dans un pavillon prêté par l’éditeur Gaston Gallimard, et de devenir la Compagnie de l’Art Brut, qui compte parmi ses membres fondateurs André Breton, l’écrivain Jean Paulhan, le marchand d’art primitif Charles Ratton, le collectionneur Henri-Pierre Roché ou le critique Michel Tapié. Puis, en octobre 1949, la galerie Drouin réunit deux cents œuvres signées de soixante artistes, Dubuffet signant dans le catalogue un véritable manifeste, sous le titre provocateur L’Art Brut préféré aux arts culturels.

L’art singulier de Scottie Wilson est au centre de cette nouvelle galaxie, intégré par Breton (qui a découvert son travail grâce aux surréalistes londoniens E.L.T. Mesens et Roland Penrose) à l’Exposition internationale du surréalisme de la Galerie Maeght à Paris en 1947, il figure naturellement en bonne place dans l’exposition fondatrice organisée chez Drouin en 1949.

Comme en témoigne un de ses rares amis, Andrew De Maine, Scottie Wilson fait partie de ces artistes habités, dont le dessin est comme guidé par une main invisible : Quand il veut faire un dessin, il ne commence pas au milieu de la feuille, mais dans un coin, et il ne sait pas ce qui va se passer, jusqu’à ce que, petit à petit, en regardant, il s’aperçoive qu’il a finalement rempli toute la surface de la feuille.

Progressivement structurées par une géométrie stricte, qui lui autorise en fait toutes les fantaisies, les compositions combinatoires de Scottie Wilson partent toujours d’un tracé des contours en noir et blanc, puis viennent les hachures, avec des encres de différentes couleurs qui produisent de subtils effets de transparence. Ses sujets sont récurrents, obsessionnels : formes botaniques sinueuses, poissons schématisés, oiseaux aux longs becs et personnages nombreux (autoportraits ou parents) hantent ses œuvres. Son univers féérique met en scène un combat entre le Bien et le Mal (inspiré de son expérience de la seconde Guerre mondiale, vécue sous la menace sourde d’une origine juive qu’il a toujours cachée), sous la forme d’une série de totems symboliques qu’il baptise Greedies et Evils.

À compter des années 1950, Scottie Wilson expose fréquemment en Allemagne et en Suisse, où la Galerie Schreiner de Bâle le représente. Alors que le dessin constituait jusqu’alors sa pratique exclusive, il expérimente, à cette époque, une nouvelle technique de peinture par aplats de gouache sur des assiettes. Emballée par le résultat, la manufacture Royal Worcester lui commande, au début des années, un service de table entier, imprimé en noir sur fond terracotta, ou noir et gris sur fond blanc, dont la production a cessé dès 1965.

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